15
2010
Google et la Chine : je t’aime, moi non plus…
Sans nul doute, l’affaire GoogleChina a été le sujet de beaucoup de tweets ces derniers jours. Pour ceux qui n’auraient pas suivi cette affaire, un bref rappel s’impose.
Récemment, il a été rendu public que Google avait été la cible d’attaques de pirates provenant de Chine, notamment contre certains comptes Gmail. Le but de ses attaques : accéder aux boites mails de dissidents chinois, militants pour les droits de l’homme. Les pirates auraient utilisé une faille du lecteur de fichiers PDF. Cela pose quelques problèmes imminents à Google : tout d’abord, à propos de la sécurité des données échangées par ses utilisateurs et ensuite à propos de la sécurité même de l’entreprise. En effet, des attaques auraient aussi eu pour but de recueillir des informations sur l’algorithme secret du célèbre moteur de recherche. Selon l’entreprise californienne ces attaques pourraient même être le fait du gouvernement chinois lui-même.
Dans de telles conditions , Google a décrété, en guise de réponse, que son activité n’était plus compatible avec la politique de censure du gouvernement chinois. Une réaction qui ne risque pas d’être sans conséquences… En effet, le gouvernement chinois ne compte apparemment pas se plier devant une entreprise, quand bien même elle s’appellerait Google. Selon ce dernier, la « censure » a un rôle qui est d’endiguer la cacaphonie informationnelle présente sur le Net. Ainsi, en ne rendant pas certains contenus disponibles, il sauvegarde les internautes chinois de la désinformation. Noble motivation s’il en est !
Dans ce bras de fer, Google joue gros. Tout d’abord, il joue sa réputation. Pour une entreprise qui a toujours cultivé une image de liberté si californienne, jouer le jeu de la censure (ce qu’il fait déjà depuis bien longtemps) ternit le tableau. Avec ce coup d’éclat elle semble vouloir promouvoir le package « liberté et expression » mais cela peut lui coûter cher. En effet, si Google ne détient qu’un tiers des parts de marché des moteurs en Chine (contre environ 85% en France), cela représente tout de même 400 millions d’internautes. Mais combien cela lui coûterait-il de continuer d’essuyer des attaques informatiques ? La question reste ouverte…
Comme certains d’entre vous sur la twittosphère, j’attends avec une certaine impatience la suite de cette intrigue qui, rappelons-le, ne concerne pas seulement Google, mais 34 entreprises elles aussi victimes d’attaques dont entre autres Yahoo, Symantec ou Adobe.
Voici une vidéo du site Cnet pour les anglophones.

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